Communiqué



L’exposition de printemps organisée par le Musée de Lodève est consacrée à l’artiste Nathalie DECOSTER.

Les sculptures de Nathalie Decoster sont allégoriques.
Réalisées en bronze, acier, ou, depuis peu, en aluminium, inox, verre ou béton, utilisant parfois des matériaux de récupération, elles associent à des structures géométriques -cercle, carré, cube…– un personnage récurrent, « petit bonhomme » longiligne, actif et obstiné- qui symbolise l’homme moderne aux prises avec les épreuves de la vie, la démesure du temps, de l’espace, de ses autres semblables, à laquelle sa nature le condamne.
Une confrontation angoissante qu’elle exprime par une « philosophie contemplative et sereine », pour suggérer, avec légèreté, « une leçon de vie » non dénuée d’humour.


Nathalie Decoster, Rencontre dans le temps, bronze, h 3m, © Nathalie Decoster

Les sculptures rassemblées dans l’exposition, une quarantaine de pièces dont des pièces monumentales et deux installations, illustrent les diverses thématiques que l’artiste a explorées, «histoires de fragilité humaine » : L’Homme et le temps, ce temps relatif qui est sa préoccupation majeure depuis plus d’une dizaine d’années ; L’Homme et le miroir de la nature, une nature qui peut le faucher, le détruire , mais aussi l’épanouir, le nourrir… ; Modes de pensées qui traite des interactions humaines, de notre liberté d’entreprendre, d’aimer, d’être nous-mêmes dans une société contraignante. Plus récemment, avec le thème des Poils, cette « grammaire des signes » qu’elle élabore au fil du temps s’enrichit du vocabulaire de l’amour, des émotions, de la sensualité…


Nathalie Decoster, Triple protection, bronze © Nathalie Decoster

Les œuvres de Nathalie Decoster ont souvent été exposées à l’étranger, l’universalité d’un travail qui touche à la problématique de l’homme intéressant des publics de toutes origines et de toutes cultures. Après l’exposition au Musée de Lodève, sa deuxième monographie dans un Musée français, elle exposera 23 sculptures à la Villa Ephrussi de Rotschild,au Cap Ferrat.

Les œuvres sont exposées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Musée.











NATHALIE DECOSTER - SCULPTEUR

Nathalie Decoster habite Paris. Après une première vie dans le monde de la décoration d’intérieur puis de la publicité, elle découvre la sculpture, se passionne et abandonne tout pour s’y consacrer depuis 1985.


Nathalie Decoster, Traces du temps, bronze, 2m50 © Nathalie Decoster


Nathalie Decoster aime la philosophie –Sénèque et le stoïcisme notamment-, l’homme est sa principale préoccupation. L’homme face aux épreuves, aux vicissitudes de la vie. Face à un monde immense qui le dépasse, face à ses émotions, ses peurs, ses autres semblables, ou le temps qui s’écoule inexorablement… C’est pourquoi Nathalie Decoster consacre ses sculptures aux valeurs essentielles de la condition humaine.

De nature rêveuse –la rationalité lui est étrangère- elle a besoin pour travailler de définir des cadres précis auxquels elle s’astreint, d’où son intérêt pour la géométrie. Elle matérialise ses pensées par des schémas, des croquis en volume. Elle élabore ensuite cette grammaire des « signes » qui lui est propre, cet univers plein de fantaisie spontanée, teinté d’un humour au second degré parfois, traité avec la légèreté souriante subtilement distanciée qui caractérise son style, et qui atteint cependant une profondeur sereine.


Nathalie Decoster, Time Passing, © Nathalie Decoster

Dans ses œuvres interviennent des structures géométriques – à base de carrés, de cercles, de lignes, de cubes- et, systématiquement et conjointement, le petit personnage récurrent qui les habite, toujours présent pour en exprimer la symbolique : formes fermées ou ouvertes, carré cible, anneau d’un temps circulaire, droite d’une vie linéaire, stylites aux équilibres précaires…Dans cette mise en rapport de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, naît une abstraction allégorique des problématiques de l’humanité, à peine suggérées pour que chacun puisse y entendre un écho de sa propre histoire.

Son matériau de prédilection était jusqu’à présent le métal : bronze, acier, ou matériaux de récupération –ressorts de matelas, roues de charrettes, cerclages de tonneaux, boîtes de conserve, serfouettes, serpettes…aussi bien « signes de vie » que prétextes à jeux de réinterprétation-, et fonte de bronze ou d’alu pour le « petit bonhomme ».


Nathalie Decoster, Arbres de vie, © Nathalie Decoster


Aujourd’hui, l’artiste utilise aussi l’aluminium, l’inox, le béton.
L’aluminium ou l’inox pour leur capacité de réflexion de la lumière, même dans les espaces sombres, et parce qu’ils s’intègrent parfaitement à l’univers épuré du design.
Le béton, pour le poids de ses masses sur socle, mais percé de creux avec lesquels jouent les pleins, dans la continuité de son intérêt pour l’approche géométrique.
Le verre vient aussi d’apparaître, au cœur d’une pièce ronde sertie d’inox, symbole d’un monde clos, protection utopique du personnage-messager qu’il englobe. Verre leurre ou prison, car les difficultés font grandir, en nous libérant de nos peurs.


Nathalie Decoster, Alone, © Nathalie Decoster

Ses sculptures, souvent monumentales car elle aime les univers spectaculaires, s’intègrent parfaitement aux extérieurs -nature ou ville-, où elles sont souvent exposées, décors avec lesquels ses histoires philosophiques rentrent en résonance.

Ses thématiques de prédilection tournent fréquemment autour de la dualité du destin de l’homme, pris entre deux routes : fatalité et révolte, confiance et crainte, audace et faiblesse, liesse et tristesse… chemin qu’elle ponctue de « signes », autant d’indices pour, -« tentation de l’épure »-, simplement, comprendre, sentir.

Quatre sujets principaux les inspirent :
L’homme et le temps évoque nos relations conflictuelles avec cette donnée incontournable de notre vie, que ce soit le temps-contrainte qui nous écrase, le temps relatif, maîtrisé ou subi, le temps perdu , le temps moderne après lequel nous courons, obstinément…
Entre homme et nature fait appel aux mêmes ressorts, mais en liaison avec la nature : on y reconnaît la symbolique des travaux des champs, de la générosité naturelle de la terre, du cycle sans fin des saisons et de la vie vers la mort…et, en parallèle, les similitudes entre certaines spécificités de vie de l’être humain et celles de la nature (caractère éphémère, croissance, reproduction, mobilité, fragilité...).


Nathalie Decoster, Hommage à César, Aluminium, © Nathalie Decoster

Modes de pensée est davantage centré sur nos relations avec la société qui nous entoure, notre personnalité, notre fragilité émotionnelle, nos comportements avec nos semblables – générosité, partage, respect ou intolérance- la prison de l’incommunicabilité, la richesse du rêve…
A poil les poils est le plus récent des thèmes qu’elle ait exploré. Pour la première fois, un matériau organique, image du poil, vient s’accoler à son contraire, le métal rigide. « Plumes, pelages, fourrures », symboles de l’instinct, du plaisir, du « ça », rencontrent le bronze rigide et lourd, métaphore du « surmoi », pour raconter des histoires de sensualité, d’amour, de sexualité heureuse…, des histoires de libération de ses propres carcans pour inventer sa propre vie.


Exposition organisée par le Musée de Lodève
Commissariat général de l’exposition : Maïthé Vallès-Bled


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