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L'Amérique non construite
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Ozeri s’est intéressé très précocement à l’architecture. Dans ses années d’apprentissage chez différents architectes,
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il montre déjà une prédilection pour les lignes architecturales non droites. Ayant toujours vécu avec sa famille dans des structures urbaines denses et exiguës, il est sidéré, en 1987-88, par le gigantisme d’une centrale électrique dans laquelle se situe son atelier. Il rêve de ces mégalopoles aux architectures audacieuses qu’il ne connaît pas encore, notamment New-York. Le livre Unbuilt America, recueil de cent propositions d’architectures visionnaires, va nourrir son inspiration pendant une dizaine d’années. Les projets de ces « porteurs de rêve » qui, comme lui, s’investissent dans cette dimension spirituelle accordée à la ville, le passionnent : Buckminster Fuller et son grand dôme au-dessus de Manhattan qui va générer la série Recouvrir Manhattan ; William Katalovos et l’architecture organique de maisons poussant dans l’eau avec lequel il travaille sur La Villa chimique et le jardin suspendu ; John Barrington Bayley dont le projet de stade romain pour la Place Lincoln fait naître chez Ozeri l’idée de chapeau (Structure de chapeau rond III) ; ou Robert le Ricolais, autre inspirateur de chapeau grâce à ses structures suspendues . L’image de chapeau en tant que construction architecturale annonce d’ailleurs son travail sur les vêtements, réceptacles contenant du corps humain.
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L’Amérique non construite : Recouvrir Manhattan, 1995 Huile, peinture laquée et vieux papier sur toile, 305 x 213 cm Collection de Doron Sebbag-ORS Ltd., Tel Aviv
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Il a alors recours, dans son œuvre, à toutes sortes de techniques : collage, peinture, dessin, crayon sur une grande variété de papiers, notamment des papiers artisanaux (papier de soie, de Chine, de riz…). « J’ajoute à mes œuvres architecturales un aspect fragile, instable », lié à notre époque. « Cela s’exprime (…) par deux procédés : l’utilisation de matériaux fragiles (les dizaines de papiers mouchoir et de riz que j’utilise, s’affaissent sous le poids des couches de laque et de peinture laquée déposées à leur surface) ; et l’utilisation de matériaux qu’on peut qualifier de saleté » (sachets nylon, asphalte, couvercles de boîte…).
Ozeri travaille également sur des pages de livres anciens car il « aime sentir le sens du temps » Il dit : « Je travaille sur une vision, une idée, une idée futuriste, mais en même temps, le papier ancien donne une conscience de l’Histoire. Quand l’ancien et le moderne sont mis en relation, cela crée un temps différent. C’est ce rapport-là qui m’a intéressé ». Une relation particulièrement présente dans La villa chimique et le jardin suspendu où l’illustration de Dürer, qui figure en partie supérieure, a pour réponse, en partie inférieure, une « interprétation d’architecture de Katalovos ».
Il prépare soigneusement ces couches de collages et de peinture laquée pour « atteindre la nuance désirée, -un marron jaunâtre. Cette nuance accentue la lumière, élément fondamental dans mon travail. Une lumière lueur (optimisme) ressort du papier et également du tableau ». Une « lumière jaune » comparable à celle de Rembrandt qui l’a toujours « hypnotisé ».
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